gravure, mars
Maia Flore, Mount Washington.jpg


maia flore, mount washington, 2020, tirage jet d'encre, 30x30cm, édition de 7, © maia flore / VU'

 

robert furber (pépiniériste), pieter casteels (dessinateur), henry fletcher (graveur), twelve months of flowers : march, gravure en couleur, édition de the dietz press circa 1930  © quand les fleurs nous sauvent

… deux bras ont suffi pour faire à ma vie un grand collier d’air …

 

louis aragon, « il n’aurait fallu »,

in. le roman inachevé, 1956

 

 

 

 

 

l'exposition« les saisons de maia flore by quand les fleurs nous sauvent » invite à traverser une année de poésie photographique au rythme de la sensibilité de l’artiste.

 

les œuvres présentées, réalisées au cours des quinze dernières années, mettent en évidence le lien intime que l’artiste entretient avec la nature en général, si ce n’est avec les fleurs en particulier. toujours mise en scène dans ses compositions un brin surréalistes, et souvent teintées d’humour, elle expose rarement son visage, pour laisser le spectateur lui-même s’immiscer dans les espaces créés : « je crée une intimité visuelle avec les paysages en trouvant dans la nature le lien avec le relief de notre corps humain ». le corps de maia flore, en prise avec la nature, devient alors un idéogramme universel qui permet à chacun d’expérimenter son propre ressenti … là, une brise se fait doucement ressentir, ici le contact d’un arbre ou d’un parterre de fleurs nous rappelle à quel point nous sommes vivants.

aux côtés de ses photos, la galerie présente aussi des dessins préparatoires de l’artiste, exemplaires uniques qui permettent de mieux appréhender sa démarche créatrice.

en ponctuation des œuvres de maia flore, sera exposée la remarquable série de gravures anglaises « twelve months of flowers », œuvre conjointe de l'artiste pieter casteels, du graveur henry fletcher et du pépiniériste robert furber, dans une édition de the dietz press (circa 1930). ce célèbre ensemble qui couvre chaque mois de l'année, consiste en une suite de spectaculaires bouquets de saison. il est considéré comme le premier catalogue commercial d’horticulture dans son édition originale de 1731.

 

ces douze mois de fleurs seront complétés par une création florale exclusive : le "bouquet du treizième mois" du renommé fleuriste parisien debeaulieu dont les fascinantes compositions accommodent des fleurs intemporelles ou oubliées à des végétaux plus contemporains aux couleurs souvent électriques.

 

pour ce nouvel opus, muriel fagnoni et julia gai choisissent en effet de renouer avec le télescopage des époques, cher à leur style de curation, et de retrouver maia flore, déjà exposée à la première édition de quand les fleurs nous sauvent .

 

empreint d’onirisme, le langage visuel de maia flore procure une formidable respiration dans une époque contrainte et confinée. avec ses tableaux photographiques d'une incroyable légèreté, maia flore nous fait du bien, et c'est plus que jamais nécessaire.

vues de l'exposition: